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Le magazine du quotidien Mercredi 24 juin 2026
Santé

Comment faire disparaître une bursite ?

Par la rédaction ,
Comment faire disparaitre une bursite ? Remèdes naturels

Une bursite est l'inflammation d'une bourse séreuse, ces petites pochettes de liquide situées aux points de friction entre tendons, muscles et os. Elles jouent un rôle d'amortisseur et de lubrifiant dans les articulations. Quand elles s'irritent ou s'infectent, elles gonflent et deviennent douloureuses. L'épaule, le coude, la hanche, le genou et le talon sont les localisations les plus fréquentes. Bonne nouvelle : la majorité des bursites guérissent avec un traitement conservateur bien mené.

À retenir : Il existe deux types de bursites : les bursites mécaniques (par répétition de mouvements ou pression prolongée) et les bursites infectieuses (septic bursitis), causées par une bactérie. Le traitement est radicalement différent selon le type. En cas de fièvre, de chaleur locale intense ou de peau rouge et tendue au-dessus d'une articulation, consultez rapidement pour éliminer une bursite infectieuse.

Les causes d'une bursite : comprendre pour mieux traiter

Avant de traiter, il faut identifier ce qui a provoqué l'inflammation. Les causes les plus fréquentes :

  • La répétition de mouvements : travaux manuels répétitifs, sport de lancer, activités avec le bras au-dessus de la tête (tennis, natation, bâtiment).
  • La pression prolongée : s'agenouiller longtemps sur une surface dure provoque la "bursite du carreleur" ou hygroma du genou.
  • Un traumatisme direct : chute sur le coude ou l'épaule.
  • Une pathologie sous-jacente : goutte, polyarthrite rhumatoïde, pseudogoutte — la bursite peut être la première manifestation clinique visible.
  • Une infection : une bactérie (souvent Staphylococcus aureus) peut coloniser une bourse séreuse via une plaie, une égratignure ou une injection.

Traitement d'une bursite mécanique : les étapes clés

1. Le repos relatif

Supprimer le facteur irritant est la première et la plus importante des mesures. Cela ne signifie pas immobilisation totale, mais éviction des mouvements ou postures qui reproduisent la douleur. Une immobilisation trop longue entretient l'inflammation et provoque une raideur articulaire difficile à récupérer.

2. Le froid en phase aiguë

Dans les 48 à 72 premières heures, l'application de froid (poche de glace enveloppée dans un linge, 15 à 20 minutes, 3 à 4 fois par jour) est anti-inflammatoire et antalgique. Elle limite le gonflement en provoquant une vasoconstriction locale. Ne jamais appliquer de glace directement sur la peau.

3. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)

L'ibuprofène (400 mg, 3 fois par jour au repas) ou le naproxène sont les AINS de première intention pour une bursite mécanique. Pris régulièrement pendant 7 à 10 jours, ils réduisent significativement l'inflammation et la douleur. Ils sont contre-indiqués en cas d'ulcère gastrique, de grossesse (3ème trimestre) ou d'insuffisance rénale. L'avis médical est recommandé avant de les utiliser plus de 5 jours en automédication.

4. La compression douce

Pour une bursite de l'hygroma (genou) ou du coude, un bandage compressif élastique peut limiter l'accumulation de liquide dans la bourse. La compression ne doit pas être trop serrée pour ne pas comprimer les vaisseaux. Des genouillères ou coudières spécifiques "anti-hygroma" existent dans les magasins de sport et d'orthopédie.

5. L'élévation du membre

Quand c'est possible (coude, genou, cheville), surélever le membre au-dessus du niveau du cœur pendant les phases de repos favorise le retour veineux et lymphatique, et réduit le gonflement.

TraitementPhaseDurée recommandéeEfficacité
Repos relatif + éviction du facteurAiguë et subaiguëJusqu'à résolutionIndispensable
Froid localAiguë (0-72h)3-4x/jour, 15-20 minBonne
AINS orauxAiguë et subaiguë7 à 14 joursTrès bonne
Compression élastiqueSubaiguëQuelques semainesModérée
Kiné / étirements progressifsSubaiguë et chronique4 à 8 semainesBonne
Infiltration corticoïdeChronique ou persistante1 à 3 infiltrationsTrès bonne
Ponction-aspirationSi épanchement importantActe unique ou répétéBonne (symptomatique)

Les traitements médicaux en deuxième intention

L'infiltration de corticoïdes

Quand les mesures conservatrices ne suffisent pas après 3 à 4 semaines, le médecin ou le rhumatologue peut pratiquer une infiltration de corticoïde (cortisone) directement dans la bourse. Cette injection anti-inflammatoire puissante est souvent très efficace et soulage en 24 à 72 heures. Elle peut être répétée 1 à 2 fois si nécessaire, sans dépasser 3 injections par site et par an pour éviter l'amincissement des tendons et de la peau environnante.

La ponction-aspiration

En cas de bourse très gonflée et douloureuse, le médecin peut aspirer le liquide inflammatoire à l'aide d'une aiguille fine. Ce geste soulage immédiatement la pression, mais le liquide peut se reformer si la cause n'est pas traitée. La ponction est souvent combinée avec une infiltration de corticoïde dans la même séance.

La kinésithérapie

Une fois la phase aiguë passée, la kinésithérapie joue un rôle clé pour récupérer la mobilité articulaire, renforcer les muscles stabilisateurs et corriger les postures ou gestes qui ont provoqué la bursite. Les ondes de choc extracorporelles (ESWT) sont parfois utilisées par les kinésithérapeutes pour les bursites chroniques réfractaires, avec des résultats encourageants documentés dans la littérature.

Bon à savoir : La bursite calcifiante de l'épaule est une forme particulière où des dépôts de calcium se forment dans la bourse sous-acromiale. Elle provoque des douleurs parfois très intenses (crise hyperalgique calcique). Le traitement de référence est la ponction lavage sous échographie, avec d'excellents résultats.

Bursite infectieuse : un traitement radicalement différent

Si la bourse est infectée, le traitement est antibiotique et, souvent, chirurgical. Les signes d'une bursite infectieuse sont :

  • Fièvre supérieure à 38°C
  • Peau rouge, chaude, tendue au-dessus de l'articulation
  • Douleur intense au repos comme à la mobilisation
  • Liquide purulent si la bourse est ponctionnée

Dans ce cas, les AINS et les corticoïdes sont contre-indiqués car ils masquent l'infection et peuvent favoriser son extension. Le traitement repose sur une antibiothérapie (souvent amoxicilline-acide clavulanique ou cloxacilline), une ponction répétée, voire un drainage chirurgical si l'infection ne répond pas aux antibiotiques.

Combien de temps pour guérir d'une bursite ?

La durée de guérison dépend de la localisation, de la sévérité et du respect du traitement :

  • Bursite légère traitée rapidement : 1 à 3 semaines.
  • Bursite subaiguë ou négligée : 4 à 8 semaines avec traitement adapté.
  • Bursite chronique avec calcifications : plusieurs mois, parfois traitement chirurgical.

Le facteur le plus déterminant pour la durée de guérison est la suppression du facteur causal. Une bursite du plombier traitée avec des AINS mais sans changement des conditions de travail récidivera systématiquement.

Attention : Ne cherchez pas à "vider" vous-même une bourse gonflée avec une aiguille. Outre le risque infectieux réel (introduction de bactéries dans un espace normalement stérile), le geste non maîtrisé peut endommager les structures environnantes. Ce geste doit être pratiqué par un professionnel de santé dans des conditions d'asepsie stricte.

Prévenir les récidives

Une bursite guérie peut récidiver si les facteurs mécaniques ne sont pas corrigés. Les mesures préventives incluent :

  • Utiliser des protections (genouillères, coudières) pour les activités à risque.
  • Adapter son poste de travail (ergonomie du bureau, hauteur de l'écran).
  • Échauffer correctement les articulations avant le sport.
  • Travailler avec un kinésithérapeute sur les déséquilibres musculaires contribuant aux tensions.
  • Éviter les positions statiques prolongées qui compriment une bourse (à genoux sur sol dur, coude appuyé longtemps).

La bursite mécanique est une condition douloureuse mais dans la grande majorité des cas traitable et réversible. Un traitement conservateur bien conduit dès les premiers symptômes permet d'éviter la chronicisation et les traitements invasifs. Le message clé : agissez tôt, reposez la zone, traitez l'inflammation, puis corrigez la cause. Dans les cas récalcitrants, n'hésitez pas à consulter un rhumatologue.