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Business/B2B

Déclaration d'impôts en auto-entrepreneur : guide complet et étapes

Par la rédaction ,
Déclaration d'impôts en auto-entrepreneur : guide complet et étapes

La déclaration d'impôts d'un auto-entrepreneur (micro-entrepreneur) présente quelques spécificités par rapport à un salarié. Si vous avez exercé en auto-entrepreneur pendant l'année fiscale, vous devez déclarer votre chiffre d'affaires au fisc, même si vous n'avez pas perçu de bénéfice. Voici le mode d'emploi complet.

À retenir

Un auto-entrepreneur déclare son chiffre d'affaires brut (pas son bénéfice) à l'impôt sur le revenu. Il a le choix entre deux régimes : le régime micro-fiscal classique (avec un abattement forfaitaire sur le CA) ou le versement libératoire de l'IR (taux fixe prélevé avec les cotisations sociales). Le chiffre d'affaires se déclare sur le formulaire 2042-C Pro, annexe à la déclaration principale.

Les deux régimes fiscaux possibles

Le régime micro-fiscal (par défaut)

C'est le régime par défaut pour tous les auto-entrepreneurs. Vous déclarez votre chiffre d'affaires brut et le fisc applique automatiquement un abattement forfaitaire selon votre activité :

  • 71 % pour les activités de vente de marchandises (BIC vente)
  • 50 % pour les prestations de services relevant des BIC (artisans, commerçants prestataires)
  • 34 % pour les activités libérales (BNC)

Le résultat après abattement s'ajoute à vos autres revenus (salaires, pension...) et est imposé selon votre tranche marginale d'imposition (TMI). Ce régime est avantageux si votre TMI est faible.

Le versement libératoire de l'IR

Le versement libératoire est une option que vous pouvez choisir à la création ou en cours d'activité (sous conditions de revenus). Vous payez un taux fixe sur votre chiffre d'affaires en même temps que vos cotisations sociales :

  • 1 % du CA pour les ventes de marchandises
  • 1,7 % du CA pour les prestations de services BIC
  • 2,2 % du CA pour les activités libérales BNC

Vous êtes alors libéré de l'impôt sur ce revenu lors de la déclaration annuelle (vous le déclarez mais sans payer d'impôt supplémentaire). Ce régime est avantageux si votre TMI est élevée (30 % ou plus).

RégimeAvantageÀ choisir si...
Micro-fiscal classiqueTaux réel selon TMITMI faible (0 %, 11 %)
Versement libératoireTaux fixe, prévisibleTMI élevée (30 % ou plus)

La déclaration annuelle de revenus (formulaire 2042-C Pro)

Que vous soyez en micro-fiscal classique ou en versement libératoire, vous devez remplir chaque année le formulaire 2042-C Pro (déclaration complémentaire des revenus des professions non salariées), en annexe de votre déclaration principale (2042).

  1. Connectez-vous à impot.gouv.fr avec vos identifiants fiscaux.
  2. Sélectionnez la déclaration des revenus de l'année concernée.
  3. Ajoutez l'annexe 2042-C Pro (en cochant la case correspondante).
  4. Renseignez votre chiffre d'affaires brut dans la bonne case selon votre activité (BIC vente, BIC services ou BNC).
  5. Si versement libératoire : renseignez également le CA dans la case dédiée au versement libératoire pour que le fisc ne le compte pas en double dans vos revenus imposables.

Cotisations sociales et impôts : bien distinguer les deux

Les cotisations sociales (URSSAF) et l'impôt sur le revenu sont deux choses distinctes, à ne pas confondre :

  • Les cotisations sociales se déclarent mensuellement ou trimestriellement sur autoentrepreneur.urssaf.fr. Elles couvrent l'assurance maladie, la retraite et la prévoyance.
  • L'impôt sur le revenu se déclare annuellement en mai-juin sur impot.gouv.fr.

Si vous êtes en versement libératoire, l'IR est intégré à vos déclarations URSSAF. Sinon, l'IR est calculé et prélevé à la source sur votre compte bancaire par le fisc, avec ajustement éventuel l'année suivante.

Cas particuliers à connaître

Revenus mixtes (salarié + auto-entrepreneur) : les deux revenus se cumulent dans la même déclaration. Vos cotisations URSSAF AE ne sont pas des charges déductibles dans le régime micro — l'abattement forfaitaire les couvre forfaitairement.

CFE (Cotisation Foncière des Entreprises) : à ne pas oublier, elle est due dès la 2e année d'activité. Elle se gère directement sur impot.gouv.fr rubrique "Professionnels".

TVA : l'auto-entrepreneur est exonéré de TVA tant qu'il ne dépasse pas les seuils de franchise en base (36 800 € pour les services en 2025, 91 900 € pour la vente). Au-delà, il bascule sur le régime réel simplifié.

Bon à savoir

En cas de revenu nul pour l'année (CA = 0 €), l'auto-entrepreneur n'a pas à déclarer de revenus professionnels sur son 2042-C Pro, mais il doit tout de même déclarer son existence sur autoentrepreneur.urssaf.fr (déclaration mensuelle ou trimestrielle de CA à zéro). Oublier cette déclaration peut entraîner des pénalités de retard de l'URSSAF, même si aucune cotisation n'est due.