Fabriquer une mangeoire à oiseaux : 4 modèles et le plan de découpe
L'essentiel : une mangeoire efficace se fabrique en bois non traité, avec un toit débordant et un fond ajouré pour que l'eau s'écoule. Placez-la à 1,50 ou 2 mètres du sol, à environ 2 mètres d'un buisson qui sert de refuge, et à plus de 2 mètres d'un mur ou d'une haie basse d'où un chat pourrait bondir. Nourrissez de la mi-novembre à la fin mars, avec du tournesol noir en base. Nettoyez toutes les deux semaines : une mangeoire sale transmet des maladies plus vite qu'elle ne nourrit.
Fabriquer une mangeoire prend une heure et trois chutes de planche. Ce qui demande un peu plus de réflexion, c'est de la placer au bon endroit et d'y mettre les bonnes graines. Voici les quatre modèles utiles et ce qu'il faut savoir avant de les remplir.
Les quatre modèles et les oiseaux qu'ils attirent
| Modèle | Difficulté | Espèces attirées | Inconvénient |
|---|---|---|---|
| Plateau sur pied ou suspendu | Très facile | Merles, rougegorges, moineaux, verdiers | Se salit vite, exposé aux intempéries |
| Mangeoire à trémie avec toit | Moyenne | Mésanges, pinsons, chardonnerets | Nettoyage moins commode |
| Silo tubulaire | Moyenne | Mésanges, tarins, chardonnerets | Écarte les gros oiseaux |
| Support à boules de graisse | Très facile | Mésanges, sittelles, pics épeiches | Saisonnier uniquement |
Le plateau est le modèle le plus simple et le plus universel : une planche avec quatre baguettes de rive et un fond percé de trous de drainage. Il attire les espèces qui se nourrissent au sol, merles et rougegorges en tête, mais il se salit rapidement et n'abrite pas les graines de la pluie.
La mangeoire à trémie résout ce problème : une réserve verticale distribue les graines au fur et à mesure sur un plateau abrité par un toit. Elle tient plusieurs jours sans réapprovisionnement, ce qui est appréciable en cas d'absence.
Le silo tubulaire, en tube transparent percé de perchoirs, garde les graines parfaitement au sec et n'accepte que les petits passereaux, ce qui écarte les pigeons et les corvidés.
Le plan de découpe d'une mangeoire à trémie
Bois brut uniquement, jamais de traitement. Les lasures, vernis, peintures et bois traités autoclave dégagent des composés que les oiseaux ingèrent en picorant les résidus de graines contre les parois. Utilisez du bois non traité, de préférence naturellement durable comme le mélèze, le douglas ou le châtaignier, et laissez-le griser. Une mangeoire en bois brut dure trois à cinq ans dehors, ce qui est largement suffisant. Si vous voulez protéger le toit, une simple plaque de zinc ou de bardeau bitumé fait l'affaire, sans contact avec la nourriture.
Le montage, étape par étape
- Percez le fond de cinq à six trous de 6 millimètres avant tout assemblage. C'est la pièce la plus importante : sans drainage, les graines pourrissent en deux jours de pluie.
- Fixez les baguettes de rive de 2 centimètres de haut sur trois côtés, en laissant une ouverture d'accès sur le quatrième pour faciliter le nettoyage.
- Assemblez les flancs triangulaires sur le plateau, en pré-perçant systématiquement pour ne pas fendre les pièces fines.
- Posez les panneaux de réserve en ménageant une fente de 2 centimètres au-dessus du plateau, par laquelle les graines descendent d'elles-mêmes.
- Vissez les deux pans de toit avec 4 centimètres de débord de chaque côté, et rendez-en un démontable ou monté sur une charnière pour le remplissage.
- Fixez le support : un piton à vis au sommet pour une suspension, ou un pied vertical de 1,50 mètre planté dans un tube métallique.
Où la placer, précisément
L'emplacement décide de la fréquentation autant que du contenu.
- À 1,50 ou 2 mètres du sol : hors de portée des chats, à hauteur d'observation depuis une fenêtre.
- À environ 2 mètres d'un buisson ou d'un arbre : les oiseaux ont besoin d'un refuge proche pour se poser avant et après.
- À plus de 2 mètres d'un mur, d'une haie basse ou d'un abri d'où un chat pourrait bondir directement.
- À l'abri du vent dominant, ouverture opposée à la direction des rafales.
- À 1 mètre au moins d'une baie vitrée, ou à plus de 8 mètres : c'est entre ces deux distances que les collisions sont les plus fréquentes.
- Visible depuis l'intérieur, sinon vous ne la remplirez pas.
Un buisson dense planté à proximité multiplie la fréquentation : il sert de poste d'attente et de refuge en cas d'alerte. Les périodes de taille à respecter, notamment pour ne pas déranger les nichées, figurent dans notre article sur la taille de haie.
Que donner, et quand
La période de nourrissage court de la mi-novembre à la fin mars, quand les ressources naturelles manquent et que les besoins énergétiques sont maximaux. Le nourrissage estival est généralement déconseillé : les insectes sont abondants et les jeunes ont besoin de protéines animales, pas de graines.
Une fois commencé, le nourrissage doit être régulier jusqu'à la fin de l'hiver : les oiseaux intègrent la mangeoire dans leur circuit quotidien, et une interruption en période de gel leur coûte cher en énergie de recherche.
Ce qui convient : le tournesol noir, base universelle et énergétique ; les cacahuètes non salées et non grillées ; les boules ou pains de graisse végétale ; le millet et l'alpiste pour les petits becs ; les flocons d'avoine nature ; les fruits secs comme les raisins et les pommes coupées pour les merles et les grives.
Ce qui est nocif : le pain, qui gonfle et n'apporte rien ; le lait et les produits laitiers, que les oiseaux ne digèrent pas ; tout aliment salé ; les restes cuisinés ; et la noix de coco fraîche non séchée. Les boules de graisse vendues dans un filet plastique posent un autre problème : les pattes et les becs s'y prennent. Retirez systématiquement le filet et posez la boule dans un support grillagé.
Le nettoyage n'est pas optionnel. Une mangeoire concentre des dizaines d'oiseaux au même point chaque jour, ce qui en fait un lieu de transmission privilégié pour plusieurs maladies aviaires. Videz et brossez la mangeoire toutes les deux semaines, à l'eau chaude, et rincez abondamment. Retirez chaque jour les graines mouillées ou moisies du plateau. Si vous constatez des oiseaux visiblement malades, apathiques ou au plumage ébouriffé, retirez la mangeoire pendant deux à trois semaines pour rompre la chaîne de contamination.
Attirer plus d'espèces
Multiplier les points de nourrissage plutôt que d'agrandir un seul plateau donne de meilleurs résultats : les espèces dominantes monopolisent une mangeoire unique. Trois petits dispositifs répartis dans le jardin, chacun avec une nourriture différente, attirent plus d'espèces qu'une grande mangeoire centrale.
Ajoutez un point d'eau peu profond, entre 2 et 5 centimètres, avec une pierre au centre pour que les oiseaux s'y posent. En période de gel, l'eau liquide est plus recherchée que la nourriture, et un simple récipient renouvelé chaque matin fait une réelle différence.
Certaines espèces envahissent parfois les mangeoires en groupes bruyants, ce qui pose la question de la cohabitation, comme nous l'évoquons dans étourneau dans le jardin. Pour prolonger la série d'objets faits maison au jardin, voyez aussi fabriquer une lanterne de jardin et fabriquer un cadre en bois.
Le récapitulatif
Bois brut, toit débordant, fond percé. Suspendue à 1,50 mètre, à 2 mètres d'un buisson et loin de tout perchoir à chat. Du tournesol noir de novembre à mars, sans interruption. Un nettoyage toutes les deux semaines. Et un point d'eau à côté, qui fera autant pour la fréquentation que la nourriture elle-même.
Quel bois utiliser pour une mangeoire à oiseaux ?
Du bois non traité exclusivement, de préférence naturellement durable comme le mélèze, le douglas ou le châtaignier. Les lasures, vernis, peintures et bois traités en autoclave dégagent des composés que les oiseaux ingèrent en picorant contre les parois. Laissez le bois griser : une mangeoire brute dure trois à cinq ans dehors.
À quelle hauteur placer une mangeoire ?
Entre 1,50 et 2 mètres du sol, à environ 2 mètres d'un buisson ou d'un arbre qui servira de refuge, et à plus de 2 mètres de tout mur ou haie basse d'où un chat pourrait bondir. Évitez aussi la zone située entre 1 et 8 mètres d'une baie vitrée, où les collisions sont les plus fréquentes.
Quand faut-il nourrir les oiseaux du jardin ?
De la mi-novembre à la fin mars, période où les ressources naturelles manquent et où les besoins énergétiques sont maximaux. Le nourrissage estival est déconseillé car les insectes sont abondants et les jeunes ont besoin de protéines animales. Une fois commencé, le nourrissage doit rester régulier jusqu'à la fin de l'hiver.
Quelles graines donner aux oiseaux ?
Le tournesol noir constitue la base universelle. Ajoutez des cacahuètes non salées et non grillées, des boules de graisse végétale, du millet et de l'alpiste pour les petits becs, des flocons d'avoine nature, et des fruits pour les merles. Évitez absolument le pain, le lait, les aliments salés et les restes cuisinés.
À quelle fréquence nettoyer une mangeoire ?
Toutes les deux semaines, à l'eau chaude avec un brossage, suivi d'un rinçage abondant. Retirez chaque jour les graines mouillées ou moisies. Une mangeoire concentre des dizaines d'oiseaux au même point et devient un vecteur de maladies aviaires si elle n'est pas entretenue. En cas d'oiseaux visiblement malades, retirez-la deux à trois semaines.