Passer d'une micro-entreprise à une SASU : étapes, coûts et décision
Passer de la micro-entreprise à la SASU est une décision qui intervient généralement quand le chiffre d'affaires approche des seuils légaux, quand les charges deviennent trop importantes à ne pas pouvoir déduire, ou quand la protection du patrimoine personnel devient une priorité. Ce n'est pas une simple formalité administrative : c'est un changement de régime complet qui touche la fiscalité, la protection sociale et la comptabilité.
En 2025, les plafonds de la micro-entreprise sont fixés à 77 700 euros pour les prestations de services et 188 700 euros pour les activités commerciales. Au-delà, la bascule vers une société devient obligatoire. Mais même en dessous de ces seuils, la SASU peut être plus avantageuse dès lors que vos charges professionnelles représentent plus de 30 % de votre chiffre d'affaires.
La micro-entreprise applique un abattement forfaitaire sur le chiffre d'affaires (50 % pour les prestations de services) au lieu de déduire les charges réelles. Si vos charges réelles dépassent cet abattement, vous payez des cotisations et des impôts sur une base plus élevée qu'en SASU. Pour un consultant en informatique avec 60 000 € de CA et 25 000 € de charges réelles, la SASU devient fiscalement plus intéressante.
Micro-entreprise vs SASU : les différences clés
| Critère | Micro-entreprise | SASU |
|---|---|---|
| Plafond de CA | 77 700 € (services) / 188 700 € (commerce) | Aucun |
| Charges déductibles | Non (abattement forfaitaire) | Oui, charges réelles |
| Protection sociale | Sécurité sociale des indépendants (SSI) | Régime général (assimilé salarié) |
| Cotisations (taux) | 12,8 à 22,9 % du CA | ~75 % du salaire net versé |
| Comptabilité | Livre de recettes uniquement | Comptabilité complète (bilan, compte de résultat) |
| Patrimoine personnel | Confondu avec professionnel | Protégé (responsabilité limitée) |
| Dividendes | Non applicable | Possible (flat tax 30 %) |
Étape 1 : fermer la micro-entreprise
La première étape est la cessation d'activité de la micro-entreprise. Il n'est pas possible de transformer une micro-entreprise en SASU : techniquement, une micro-entreprise n'a pas de personnalité juridique distincte de son titulaire. Il faut donc créer une nouvelle entité.
La déclaration de cessation se fait via le guichet unique de l'INPI (depuis 2023, le CFE n'existe plus). Le formulaire en ligne permet de notifier l'arrêt de l'activité. La radiation du registre intervient sous 8 à 15 jours. Avant de fermer, assurez-vous d'avoir effectué toutes vos déclarations de chiffre d'affaires et réglé les cotisations en cours.
Il est possible de créer la SASU en parallèle avant de fermer la micro-entreprise, à condition de ne pas exercer la même activité sous les deux statuts simultanément. Dans la pratique, beaucoup d'entrepreneurs effectuent les deux démarches en même temps, en prévoyant une période de transition de quelques semaines.
Étape 2 : rédiger les statuts de la SASU
Les statuts de la SASU définissent les règles de fonctionnement de la société. Ils doivent obligatoirement mentionner : la dénomination sociale, l'adresse du siège, l'objet social (description de l'activité), la durée de vie (99 ans en général), le montant du capital social, et l'identité du président.
Pour une SASU de petite taille, le capital social peut être très faible (1 euro minimum légalement). En pratique, choisir un capital de 1 000 à 5 000 euros est conseillé pour la crédibilité vis-à-vis des fournisseurs et des banques. Ce capital doit être déposé sur un compte bancaire dédié avant l'immatriculation.
La rédaction des statuts peut être faite par un avocat (800 à 2 000 euros), par un notaire pour les apports immobiliers, ou via des plateformes en ligne (100 à 400 euros). Les statuts doivent être adaptés à votre situation : un modèle générique téléchargé gratuitement sur internet peut comporter des lacunes problématiques.
Étape 3 : publier l'annonce légale et constituer le dossier
La création d'une SASU oblige à publier un avis de constitution dans un journal d'annonces légales (JAL) habilité du département du siège social. Le coût est fixé par arrêté préfectoral et tourne autour de 140 à 200 euros en 2025. Depuis 2023, cette publication peut être effectuée en ligne via des plateformes dématérialisées agréées.
L'avis doit contenir : la forme juridique (SASU), la dénomination sociale, le capital, l'adresse du siège, l'objet social, la durée, et l'identité du président. L'attestation de parution est un document obligatoire pour l'immatriculation.
Le dossier complet comprend : les statuts signés, l'attestation de dépôt de capital, l'attestation de parution de l'annonce légale, le formulaire M0 de création de SASU, la déclaration des bénéficiaires effectifs, une pièce d'identité du président, et une attestation de non-condamnation.
Étape 4 : choisir entre apport ou cession du fonds de commerce
Si votre micro-entreprise avait développé une clientèle, une marque ou des outils de travail identifiables, ces éléments constituent un fonds de commerce. Vous avez deux façons de les transférer à la SASU.
La cession consiste à vendre ces éléments à la SASU. La société vous paye (éventuellement avec un prêt interne), et vous déclarez une plus-value dans votre revenu personnel. L'apport en nature consiste à intégrer ces éléments directement au capital de la SASU. Un commissaire aux apports doit évaluer les actifs apportés si leur valeur dépasse 30 000 euros ou si les apports représentent plus de la moitié du capital.
Pour une activité de conseil ou de services immatériels sans clientèle formalisée ni actifs significatifs, le transfert de fonds de commerce est souvent inexistant ou de valeur négligeable. Dans ce cas, la création de la SASU se fait ex nihilo sans formalité de cession. Consultez un expert-comptable pour évaluer si votre situation justifie une procédure de cession ou d'apport.
Les coûts réels du passage
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Cochez les prestations que vous comptez utiliser
Le passage de la micro-entreprise à la SASU est une décision qui mérite d'être prise avec un expert-comptable et non sous la pression d'un seuil de CA approchant. Les implications fiscales, sociales et comptables sont réelles. Mais pour un entrepreneur dont l'activité se pérennise et dont les charges sont significatives, la SASU offre une flexibilité et une protection que la micro-entreprise ne peut pas apporter.