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Le magazine du quotidien Lundi 15 juin 2026
Animaux

Prendre soin de son cheval : guide complet du propriétaire

Par la rédaction ,
Cavalière brossant un cheval bai dans un centre équestre

Posséder un cheval est un engagement de 25 à 30 ans (durée de vie moyenne d'un cheval domestiqué) qui va bien au-delà des séances d'équitation. Le cheval est un animal social, intelligent et physiquement exigeant dont les besoins fondamentaux, si mal satisfaits, se traduisent rapidement par des problèmes de santé ou de comportement. Ce guide couvre les aspects essentiels du soin quotidien.

À retenir

Un cheval a besoin d'au moins 2 à 4 heures de foin par repas (en plusieurs prises), de 40 litres d'eau par jour, d'un espace de vie propre et aéré, et d'exercice quotidien ou de sortie en paddock. Ces quatre besoins sont non négociables. Contrairement aux idées reçues, c'est souvent le manque de foin (et non un excès) qui crée les problèmes digestifs chez le cheval : son tube digestif est conçu pour fonctionner en quasi-permanence avec de petites quantités de fourrage.

Le logement : box ou pré, les avantages de chaque option

Le cheval peut être logé en box individuel, en stabulation libre (grand espace partagé avec d'autres chevaux) ou en pension au pré (vie en extérieur permanent). Chaque option a ses avantages et ses contraintes.

Le box individuel offre un contrôle précis sur l'alimentation et facilite les soins quotidiens. Sa taille minimale doit être de 12 m² pour un cheval de 500 kg (norme recommandée en France : 3,5 m × 3,5 m minimum pour un animal de taille standard). La litière doit être renouvelée régulièrement : la paille reste la litière la plus naturelle (le cheval peut la manger, ce qui apporte du fourrage supplémentaire), mais les copeaux de bois et la sciure sont aussi utilisés pour leur capacité absorbante. Le box doit être curé et rebedé a minima une fois par jour, les crottes étant enlevées plusieurs fois par jour pour maintenir une bonne hygiène.

La pension au pré, si elle est possible (surface suffisante, clôtures sécurisées, point d'eau, abri minimal contre la pluie et le soleil), est souvent la situation la plus naturelle pour le cheval. Elle satisfait son besoin de mouvement, de socialisation avec congénères, et de recherche de nourriture. Les risques principaux sont les blessures liées aux interactions entre chevaux, les parasitoses (vers), et les fourbures chez les chevaux sensibles sur des prairies trop riches.

L'alimentation : comprendre les besoins réels

Le cheval est un herbivore à tube digestif conçu pour digérer des fourrages grossiers en continu. Dans la nature, il passe 14 à 18 heures par jour à brouter, couvrant de grandes distances. Cette physiologie a des implications directes sur l'alimentation en captivité.

Le foin est l'aliment de base incontournable. Un cheval de sport de 500 kg a besoin d'environ 1,5 à 2 % de son poids vif en fourrage par jour, soit 7,5 à 10 kg de foin. Le foin doit être de bonne qualité (récolté au bon stade, bien séché, sans moisissures) et distribué en plusieurs repas par jour ou en filets à foin à mailles serrées qui ralentissent la consommation et permettent une distribution continue.

Les concentrés (avoine, orge, maïs, muesli complet) sont complémentaires au foin pour les chevaux à fort niveau d'activité. Les besoins en énergie d'un cheval se mesurent en Unité Fourragère Cheval (UFC) : 1 UFC = 2 200 kcal. Un cheval au repos a besoin de 4 UFC par jour ; un cheval de compétition intensive peut avoir besoin de 7 à 9 UFC.

Niveau d'activitéBesoins en UFC/jourFoin recommandéConcentrés
Repos / prairie4 UFC8 à 10 kgNon nécessaire
Travail léger (1h/jour)5 à 5,5 UFC7 à 9 kg0 à 1 kg
Travail modéré (2h/jour)6 à 7 UFC6 à 8 kg1 à 2 kg
Sport intensif / compétition8 à 10 UFC5 à 7 kg3 à 5 kg

La routine d'hygiène quotidienne

L'entretien quotidien du cheval demande 30 à 60 minutes selon la saison et la discipline pratiquée. Il comprend le pansage (brossage complet du corps), le curage des sabots et l'inspection générale du corps pour détecter tout signe inhabituel (bosse, chaleur localisée, plaie, gonflement).

  1. Étrillage : l'étrille (outil circulaire caoutchouté ou métallique) détache les poils morts, la sueur séchée et la terre. Travailler en mouvements circulaires sur toute la surface du corps, en évitant les zones osseuses (tête, jambes).
  2. Brossage : la brosse dure soulève les poussières détachées par l'étrille. La brosse douce ou la bouchon (éponge dense) finit le travail pour le brillant.
  3. Curage des sabots : avec le cure-pied, nettoyer chaque sabot en retirant les débris, la terre et le fumier accumulés dans les lacunes (espaces entre le sabot et la fourchette). Vérifier l'absence de corps étranger, de pourriture de fourchette (odeur fétide) ou de ferrure descellée.
  4. Brossage de la crinière et de la queue : démêler avec les doigts ou une brosse à démêler, toujours de bas en haut pour ne pas arracher les crins.
  5. Inspection générale : palper les membres pour détecter une chaleur ou un gonflement (signe d'inflammation), vérifier les yeux, les naseaux, les ganglions et l'état général du comportement.

Soins vétérinaires et vermifugation

Les soins vétérinaires préventifs comprennent plusieurs actes annuels obligatoires ou fortement recommandés. La vaccination contre la grippe équine et le tétanos est obligatoire pour participer aux compétitions fédérales (FFE) et recommandée pour tout cheval, même non sportif. Un premier primo-vaccin suivi de rappels annuels (ou bi-annuels selon les vaccins) sont nécessaires.

La vermifugation (traitement contre les parasites intestinaux) est indispensable mais doit être adaptée au profil parasitaire du cheval. L'approche ancienne (vermifuger systématiquement tous les 3 mois) est aujourd'hui remise en question par les vétérinaires en raison du risque de résistance des parasites aux vermifuges. La méthode recommandée est le dosage des oeufs de parasites par coprologie (examen des fèces) et la vermifugation ciblée selon les résultats. Cette approche raisonnée est à la fois plus efficace et plus économe.

La visite du dentiste équin est également à prévoir tous les 1 à 2 ans. Les chevaux développent des crêtes et des irrégularités sur les molaires qui peuvent gêner la mastication et par ricochet l'alimentation et le port du mors.

Bon à savoir

Le coût annuel de possession d'un cheval est souvent sous-estimé par les futurs propriétaires. Au-delà de l'achat (qui peut varier de 500 à 50 000 euros selon la race, l'âge et les aptitudes), les frais courants comprennent la pension (400 à 1 000 euros/mois selon le standing), le maréchalage (80 à 150 euros tous les 6 semaines), les vaccins et vermifuges (~300 euros/an), l'assurance (200 à 800 euros/an selon la valeur vénale et la couverture), les frais vétérinaires imprévisibles et les frais d'équitation. Le budget total annuel d'un cheval de loisir hébergé en pension complète se situe généralement entre 7 000 et 15 000 euros.