Assurance-vie ou PER : lequel est le plus avantageux selon votre profil ?
L'assurance-vie et le Plan d'Épargne Retraite (PER) sont les deux produits d'épargne longue durée les plus populaires en France. En 2024, l'encours de l'assurance-vie dépasse 1 900 milliards d'euros ; celui des PER atteint plus de 100 milliards d'euros depuis leur création en 2019 dans le cadre de la loi PACTE. Ces deux enveloppes fiscales ont des objectifs différents et des avantages distincts : choisir entre elles dépend largement de votre situation fiscale, de votre horizon de placement et de vos objectifs patrimoniaux.
L'assurance-vie est avantageuse pour la disponibilité des fonds, la transmission de patrimoine et la souplesse. Le PER est avantageux pour la déduction fiscale des versements (particulièrement intéressante pour les TMI 30 % et au-delà) et la préparation ciblée de la retraite. En général : PER si vous êtes fortement imposé et visez la retraite ; assurance-vie si vous voulez de la souplesse et préparer une transmission.
Les mécanismes fiscaux : la différence fondamentale
La fiscalité est le principal critère de différenciation entre ces deux enveloppes. L'assurance-vie ne donne aucun avantage fiscal à l'entrée : les versements se font avec de l'argent déjà imposé. En revanche, après 8 ans, les gains réalisés bénéficient d'un abattement annuel de 4 600 euros (personne seule) ou 9 200 euros (couple soumis à imposition commune) avant d'être soumis au prélèvement forfaitaire unique de 7,5 % (plus prélèvements sociaux de 17,2 %).
Le PER fonctionne à l'inverse : les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable, dans la limite d'un plafond annuel (10 % des revenus professionnels de l'année précédente, dans la limite de 35 194 euros pour 2025). Cette déduction réduit l'impôt sur le revenu de l'année en cours. En revanche, les sorties (en capital ou en rente) sont fiscalisées : les versements déductibles sont imposés à l'IR au moment du retrait, les gains au PFU de 30 %.
| Critère | Assurance-vie | PER individuel |
|---|---|---|
| Avantage fiscal à l'entrée | Aucun | Déduction du revenu imposable (plafonnée) |
| Imposition à la sortie | Abattement après 8 ans + 7,5 % + PS | IR sur capital versé + PFU 30 % sur gains |
| Disponibilité des fonds | À tout moment (retraits libres) | Bloqué jusqu'à la retraite (sauf cas exceptionnels) |
| Avantages successoraux | Très avantageux (abattement de 152 500 € par bénéficiaire) | Faible avantage (aligné sur l'assurance-vie pour les primes versées avant 70 ans) |
| Cas de déblocage anticipé | Toujours possible | Accidents de la vie, achat RP, retraite anticipée |
| Supports disponibles | Fonds euros + unités de compte | Fonds euros + unités de compte |
Le PER est-il vraiment plus intéressant si vous êtes fortement imposé ?
C'est l'argument commercial le plus souvent avancé pour les PER : la déduction fiscale immédiate. Et il est réel, mais sa valeur dépend entièrement de l'écart entre votre taux marginal d'imposition (TMI) actuel et votre TMI prévisible à la retraite.
Si vous êtes à 41 % de TMI aujourd'hui et que vous prévoyez d'être à 30 % à la retraite, chaque euro versé dans un PER vous rapporte 0,11 euro de gain fiscal net après imposition à la sortie. Sur des versements importants (10 000 euros/an pendant 20 ans), cet avantage peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros. En revanche, si votre TMI restera similaire avant et après la retraite (profil avec peu de baisse de revenus), l'avantage se réduit considérablement.
Quel produit pour votre profil ?
La transmission de patrimoine : le point fort de l'assurance-vie
Pour la transmission de patrimoine, l'assurance-vie dispose d'un avantage considérable que le PER ne peut pas égaler. Les capitaux versés avant les 70 ans de l'assuré bénéficient d'un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire désigné, totalement hors succession. Au-delà, une taxation forfaitaire de 20 % s'applique jusqu'à 700 000 euros, puis 31,25 % au-delà.
Pour illustrer : une personne avec deux enfants peut transmettre jusqu'à 305 000 euros hors succession via l'assurance-vie, sans frais de droits de succession. Avec trois bénéficiaires, ce plafond monte à 457 500 euros. C'est un avantage successoral très difficile à obtenir par d'autres voies.
Depuis la loi PACTE de 2019, il est possible de transférer un ancien contrat d'assurance-vie vers un PER sans perdre l'antériorité fiscale, à condition que l'assuré soit à plus de 5 ans de l'âge légal de la retraite. Cette opération permet de bénéficier de la déduction fiscale PER sur les versements transférés, tout en conservant les avantages liés à l'ancienneté du contrat. Renseignez-vous auprès de votre assureur ou d'un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) pour évaluer si ce transfert est pertinent dans votre situation.